À NOTER
L'exposition est désormais terminée. Les ressources autour de Geneviève Antonioz De Gaulle, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay restent accessibles.

Qu'est-ce que le Panthéon ?

L'histoire du Panthéon est une histoire mouvementée.
Aujourd'hui considéré comme un lieu d'affirmation et de diffusion des valeurs de la République française, le Panthéon n'a pas toujours eu cette vocation. Quatre grandes périodes ponctuent son histoire.

Le fronton au Panthéon

Le Panthéon avant le Panthéon : l'église sainte Geneviève (1744-1790)

La première d'entre elles s'étend de 1744 à 1790. En 1744, Louis XV (1710-1774) est malade et forme le vœu de faire bâtir une église en l'honneur de sainte Geneviève, sainte protectrice de la ville de Paris, en cas de guérison. Une fois guéri, le roi tient sa promesse et confie à l'architecte Jacques-Germain Soufflot (1713-1780) le soin de réaliser l'édifice. Les travaux commencent en 1764 et s'achèvent en 1790. Soufflot n'a pas l'honneur de les terminer car il meurt dix ans avant la fin de la construction de l'église. C'est son élève Jean-Baptiste Rondelet (1743-1829) qui a pris le relais. Lorsque la Révolution française éclate, en 1789, l'église est donc presque terminée mais elle n'a pas encore été consacrée par l'Église catholique. Cela signifie qu'elle ne peut pas encore servir de lieu de culte.

Des transformations fréquentes du monument (1791-1885)

Cette situation permet aux révolutionnaires de s'emparer de l'édifice en 1791 pour en faire un lieu d'hommage à leurs héros. C'est le début de la deuxième période de l'histoire du monument qui court de 1791 à 1885. Renommée « Panthéon », l'ex-église sainte Geneviève est transformée afin d'accueillir la dépouille de Mirabeau (1749-1791), un des grands orateurs de la Révolution. Le monument devient donc laïc et se trouve dédié au culte des « grands Hommes ». Mais cette situation ne devait pas durer : en fonction des changements de régime politique, fréquents au XIXe siècle, le Panthéon est tantôt laïc, tantôt une église. En 1806, Napoléon Ier (1769-1821) rend la nef du Panthéon à l'Église catholique tandis que la crypte reste utilisée pour le culte des personnages illustres. Sous la Restauration (1815-1830), c'est tout le monument qui redevient église alors que Louis-Philippe Ier, roi de 1830 à 1848, redonne au Panthéon son rôle civique. Enfin, en 1851, Napoléon III (1808-1873) transforme à nouveau le Panthéon en église. C'est la dernière fois de son histoire.

Le Panthéon, Paris

Description : Le Panthéon, Paris au XIXe siècle / © Philippe Berthé / Centre des monuments nationaux

Le Panthéon définitivement républicain et laïc (1885-1964)

En effet, en 1885, au moment de la mort de l'écrivain Victor Hugo (1802-1885), une foule immense conduit le cortège funèbre de l'auteur au Panthéon. Le monument redevient laïc. C'est la troisième grande phase de son histoire qui s'étend tout au long de la IIIe République (1870-1940) et de la IVe République (1947-1958). Au cours de cette période, les républicains font entrer de nombreuses personnalités au Panthéon pour incarner leurs valeurs. Les décisions sont prises par le Parlement. Toutefois, les élus conservateurs ne se reconnaissent pas en le Panthéon.

Funérailles de Victor Hugo

Légende : Funérailles de Victor Hugo /Sinibaldi, Jean-Paul, dit Paul 

Le Panthéon sous la Ve République (depuis 1958)

Cette situation change au cours de la dernière phase de l'histoire du monument, celle ouverte par le transfert au Panthéon des cendres de Jean Moulin (1899-1943), en 1964. À l'issue de cette cérémonie marquée par l'éloge funèbre du ministre des Affaires culturelles André Malraux (1901-1976), le Panthéon acquiert peu à peu une position consensuelle : toutes les grandes familles politiques républicaines y trouvent des références. À cela s'ajoute une mutation importante dans les modalités de prise de la décision de faire entrer quelqu'un au Panthéon. Désormais, cette décision appartient au Président de la République.

Depuis 1964, de nombreuses commémorations ont été organisées. Les pouvoirs publics ont aussi voulu, récemment, replacer le Panthéon au cœur de la promotion des valeurs républicaines. Ainsi, M. François Hollande, président de la République, a commandé en 2013 un rapport à cette fin à M. Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, établissement gérant le Panthéon pour le compte de l'État. Ce rapport, Pour faire entrer le peuple au Panthéon, préconisait notamment de favoriser une meilleure représentation de la société française à travers les honneurs qui y seront décernés à l'avenir.

Alexandre Dumas au Panthéon

Légende : Funérailles d'Alexandre Dumas /© Delalande Raymond /J.D.D

La cérémonie du 27 mai 2015 qui correspond à l'entrée au Panthéon de Pierre Brossolette (1903-1944), Geneviève de Gaulle Anthonioz (1920-2002), Germaine Tillion (1907-2008) et Jean Zay (1904-1944) s'inscrit dans ce contexte.

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