À NOTER
L'exposition est désormais terminée. Les ressources autour de Geneviève Antonioz De Gaulle, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay restent accessibles.

Des résistantes et des résistants déjà au Panthéon

L'entrée au Panthéon de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay en 2015 n'est pas la première cérémonie liée à des résistantes et des résistants à avoir lieu dans ce monument. Dans la nef comme dans la crypte, on retrouve des hommages à des membres de la Résistance

Panthéon, croisée du transept et choeur vus en plongée

Les résistantes et résistants honorés dans la nef

Dans la nef, les hommages à la Résistance se situent dans le transept Sud. Le général Delestraint est ainsi honoré par une inscription. Charles Delestraint (1879-1945) a combattu pendant la première Guerre mondiale avant de devenir général en 1936. Lorsqu'il est positionné à Metz, il a sous ses ordres Charles de Gaulle, qui est alors colonel. Dès 1940, il s'oppose à l'armistice signé par le maréchal Pétain et devient résistant. Le général de Gaulle le nomme chef de l'Armée secrète en 1942. Arrêté par la Gestapo en juin 1943, il est déporté au camp de concentration de Dachau en 1944. En avril 1945, peu de temps avant la libération du camp, il est assassiné d'une balle dans la nuque puis incinéré dans le four crématoire. Un hommage de la Nation lui est rendu au Panthéon en novembre 1989, à l'occasion duquel est dévoilée l'inscription portant son nom.

L'autre inscription de la nef honorant des résistantes et des résistants est celle des Écrivains combattants morts pour la France au cours de la Seconde Guerre mondiale. Établie à l'initiative de l'Association des Écrivains combattants, à la suite d'une inscription commémorant déjà les écrivains combattants morts au cours de la Première Guerre mondiale, cette liste rappelle la mort de 197 écrivains. Elle a été inaugurée le 2 juillet 1949 par le président de la République Vincent Auriol. Pierre Brossolette et Jean Zay y sont d'ailleurs cités, mais également des proches de Germaine Tillion : l'ethnologue Boris Vildé (1908-1942), un des fondateurs du réseau du musée de l'Homme, et sa mère, Émilie Tillion (1876-1945), résistante puis déportée à Ravensbrück et gazée par les nazis en mars 1945.

Les résistantes et résistants honorés dans la crypte

Dans la crypte, on trouve la sépulture de quatre résistants. Le premier dont les cendres y ont été transférées est Félix Éboué (1884-1944). Nommé gouverneur du Tchad, alors colonie française, en 1938, il se trouve en Afrique au moment où le maréchal Pétain signe l'armistice avec l'Allemagne nazie en juin 1940. Refusant de se soumettre à cette décision, il prend contact avec le général de Gaulle à Londres et se rallie à lui. Cela permet au général de Gaulle de disposer des colonies africaines pour appuyer les efforts de résistance de la France libre. Les cendres de Félix Éboué sont transférées au Panthéon en 1948.

Jean Moulin

Légende : Jean Moulin

Le 19 décembre 1964, c'est Jean Moulin (1899-1943) qui est honoré au Panthéon au son du discours d'André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles et lui-même ancien résistant : « Entre ici, Jean Moulin […] ». Préfet depuis 1939, Jean Moulin s'oppose au régime de Vichy et à l'Allemagne nazie. Chargé par le général de Gaulle d'unifier la résistance en zone Sud, il doit ensuite organiser politiquement la Résistance et créé le Conseil national de la Résistance (CNR). Le CNR se réunit pour la première fois à Paris, le 27 mai 1943, sous la présidence de Jean Moulin. Dénoncé puis arrêté le 21 juin 1943, Jean Moulin est torturé à de nombreuses reprises. Il meurt de ses blessures le 8 juillet 1943.

René Cassin (1887-1976) entre quant à lui au Panthéon en 1987, cent ans après sa naissance. Juriste reconnu, il est membre, après la Première Guerre mondiale, de la Société des Nations, sorte d'ancêtre de l'Organisation des Nations unies. S'opposant à l'armistice de 1940, il rejoint le général de Gaulle à Londres et devient un membre important de la France libre. À la Libération, il devient vice-président du Conseil d'État. Surtout, il est l'un des rédacteurs de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948. En 1968, il obtient le prix Nobel de la Paix.

Panthéon, veillée des cendres d'André Malraux le 23 novembre 1996

Légende : Panthéon, veillée des cendres d'André Malraux le 23 novembre 1996 

En 1996, ce sont les cendres d'André Malraux (1901-1976) qui sont transférées au Panthéon, dans le même caveau que celui de Jean Moulin, René Cassin et Jean Monnet. Écrivain, André Malraux s'engage en 1936 aux côtés des républicains espagnols contre les franquistes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se porte volontaire pour combattre contre l'Allemagne puis rejoint ensuite la Résistance. Après la guerre, il joue un rôle important dans le mouvement gaulliste. En 1959, le général de Gaulle l'appelle au ministère des Affaires culturelles auquel il imprime sa marque, notamment en créant les Maisons des jeunes et de la culture (MJC). Il occupe ce ministère jusqu'au départ du général de Gaulle, en 1969.

Enfin, les murs de la crypte portent une inscription rendant hommage aux Françaises et Français « Justes parmi les Nations ». Les Justes sont des hommes et des femmes ayant protégé, au péril de leur vie, des personnes juives au cours de la Seconde Guerre mondiale. L'inscription leur rendant hommage a été dévoilée en 2007 en présence de Mme Simone Veil, ancienne ministre et ancienne déportée au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

Cérémonie d'hommage aux Justes de France au Panthéon

Légende : Cérémonie d'hommage aux Justes de France au Panthéon / © Shannon Bishop / Gamma